Originaire de Brooklyn, New York, Shirley Sharoff vit et travaille à Paris et Montreuil depuis des années. Elle a étudié la gravure à l’atelier Friedlaender et à l’École des Beaux-arts.

Voici ce qu’elle a écrit au sujet de ses livres d’artiste :

« ‟Le tout est plus grand que la somme de ses parties” (Aristote) résume ma conception du livre d’artiste. Le texte, les visuels, la typographie, la mise en page, la forme du livre, l’emboîtage, tout contribue à faire une œuvre. Ce qui me pousse à faire des livres d’artiste c’est la flexibilité et l’invention sans limites qu’on peut porter à ce medium.

Le livre se situe au fil du temps à travers l’ouverture et la fermeture des pages. On ouvre et on commence un voyage qui a une certaine durée. Aucune page ne ressemble à une autre, comme le paysage, vu par la fenêtre d’un train, qui se déroule devant nos yeux.

La forme est inspirée par le sujet ou le texte. Par exemple, « La Marelle », (Hopscotch) basé sur un texte de Raymond Queneau, est l’équivalent en papier de ce jeu, crayonné sur le trottoir par les enfants. Dans les « Vagues » (The Waves) de Virginia Woolf, les pages sont découpées pour ressembler à des vagues qui déferlent sur la plage. Pour les « Bruits », j’ai découpé cinq lamelles de papier portant chacune  l’écriture d’un son qu’on peut entendre dans la ville : les voitures, les trains, les chats, les pas des piétons, les objets qui se heurtent.

Au début, quand j’ai commencé à faire des livres,  j’utilisais seulement la gravure comme visuel mais, aujourd’hui, je mélange gravure, découpage, pop-ups, chiffres et photos. Les textes sont tous composés en plomb mobile. »

Septembre 2017