GUICHARD DE MAREIL, Charles-Auguste. Le Code des femmes ou Récits et Entretiens, Sur leurs Droits, Privilèges, devoirs & Obligations ; sur les Précautions à prendre par elles pour conserver leurs Biens, se garantir des Surprises, faire maintenir, en toutes circonstances, les Avantages qui leur appartiennent, comme Filles, Epouses, Veuves, Mères, Tutrices, héritières, Donataires, Créancières &… Par un avocat. Paris, chez l’Auteur, imprimerie de Madame Ve. Porthmann, 1823.

1.200 

In-8° (200 x 122 mm.) de 1 f. bl., 3 ff. n. ch. de faux-titre, titre et dédicace, 472 p. et 1 f. bl., maroquin bleu marine à grain long, roulette dorée autour des plats sertie de filets et pointillés dorés, losange estampé à froid au centre surmonté d’un monogramme doré R. M., dos à nerfs orné   de roulettes et filets dorés avec fer à froid répété, roulette dorée intérieure, tranches dorées (reliure de l’époque).

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Description

Rare édition originale de la première synthèse du Code civil sur le droit des femmes.

Avec l’avènement de la bourgeoisie face aux Républicains, le thème des avancées sociales, et en particulier de la condition féminine, qui revient à l’honneur aujourd’hui avec un projet de panthéonisation, se trouvait être déjà d’actualité au mitan de la Restauration qui avait aboli le divorce (1816).

Avocat à la Cour de cassation, au Conseil d’État, puis à la Cour royale de Paris, l’auteur du Code des femmes dédié à Madame Le M… ,Charles-Auguste Guichard (1760 – ?) deviendra sous la Monarchie de Juillet l’homme le plus célèbre de sa profession. Rédigée sous forme de « situations », son œuvre avait pour but de rendre facilement accessible à un large public de femmes le contenu des articles du Code civil adopté en 1804 sous Napoléon, sans l’assentiment de ces dernières. L’auteur explique aux femmes mariées l’esprit sociologique des lois, et notamment pourquoi et comment le Code civil les oblige à requérir une autorisation de leur mari pour tout acte de la vie civile. Mais n’oublions cependant que c’est bien ce même code qui inspira à de nombreuses démocraties de considérables avancées sociales à cet égard. Le code Napoléon établissait l’incapacité juridique totale de la femme mariée. Il serait certainement légitime de rappeler qu’à cette époque la Femme mariée était considérée comme une sorte de mineure civile –passant de la tutelle de ses parents à celle de son époux–, et la femme célibataire comme une singularité. C’est bien cette inégalité de statut et de condition sociales en fonction du sexe déclaré sur les registres de l’état civil qui entraînera, à partir de la fin du XIXe siècle, les premiers mouvements féministes de contestation.

Quelques réalités sociales pour ces citoyennes :

– Interdiction d’accès aux universités et lycées ;

– mariage soumis au consentement paternel toute la vie durant ;

– interdiction de signer un contrat ou de gérer des biens communs ;

– obligation de suivre son époux à son domicile ;

– interdiction d’accomplir aucun acte juridique ;

– exclusion totale de droits politiques ;

– interdiction de percevoir un salaire ;

– interdiction de voyager à l’étranger sans autorisation…

– mais, si « le mari doit protection à sa femme, la femme doit obéissance à son mari » (art. 213).

Précurseur des socialistes, Olympe de Gouges, puis Saint-Simon et Fourier, réclameront en 1791, 1807 et 1808 l’égalité politique et le droit de vote pour les femmes… il faudra attendre le 21 avril 1944 pour que le général De Gaulle signe l’ordonnance leur donnant le droit de vote et d’éligibilité. En 1850, la fameuse loi Falloux fait obligation aux communes de plus de huit cents habitants d’ouvrir et d’entretenir une école de filles –comme de garçons. Belle page de titre lithographiée avec médaillon non signé attribué à Godefroy Engelmann, l’un des premiers introducteurs de la lithographie en France. Elle figure un homme debout à droite et une jeune femme assise qui se lamente et s’exclame : « Ah ! Mr. Charles, que je suis Malheureuse ! ».

Superbe exemplaire habillé d’une très belle reliure en maroquin bleu strictement de l’époque, parfaitement exécutée. Son décor de fers romantiques estampés à froid est caractéristique du style de cette période.

Provenance : R. M., chiffre encore non identifié sur les plats. Cette édition manque aux collections de la bibliothèque Sainte-Geneviève. ) Gay, II, p. 2060-261 ; R. Arbour, p. 435 ; Barbier, I, 624 ; Quérard, III, 521 ; A. H. Jacobs [et al.], La Femme et le féminisme, collection de livres, périodiques etc. sur la condition sociale de la femme et le mouvement féministe, Paris, 1900, p. 83 ; F. Gaspard, Les enjeux internationaux de la parité, 2000 ; A. Teissier-Ensminger, La Fortune esthétique du Code civil des Français, Paris, 2004, p. 106.

Additional information

Période

19ᵉ siècle

Caractéristiques

Belles reliures, Éditions originales, Livres rares et précieux

Langues

Français

Thèmes

Droit