HÉRY, Thierry de. La Méthode curatoire de la maladie Vénérienne, vulgairement appellée grosse vairolle, & de la diversité de ses symptomes. Paris, Matthieu David, Arnoul L’ Angelier, 1552.

5.250 

Petit in-8° (163 x 106 mm.) de 8 ff. n. ch., 272 p., 15 ff. de table n. ch. et 1 f. d’errata, vélin à recouvrement, tranches muettes, traces de lanières en cuir (reliure de l’époque).

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Description

Rarissime édition originale du premier traité en français sur la syphilis.

Absent de la quasi totalité des bibliothèques françaises et étrangères, ce traité a pourtant acquis une place de premier plan dans l’histoire de la médecine en raison de la précocité de son édition, lui conférant du même coup une importance déterminante au regard de l’histoire du livre scientifique. Son privilège d’édition donné à Châlons, signé par Hurault, est daté 1551.

La syphilis, cette maladie vénérienne apparue à la fin du XVe siècle, fut traitée par le mercure, d’abord par les barbiers et chirurgiens. Les premiers utilisateurs de cette méthode semblent être Paracelse, Gaspar Torella et Sébastien Aquilina. Mais ce furent surtout Giovanni de Vigo (ca. 1460-1525) et Jacques de Béthencourt qui la mirent à l’honneur dans le premier tiers du XVIe siècle.

Dédiée à la République Françoise par Thierry de Héry (ca. 1505-1599), lieutenant général du premier barbier Chirurgien du Roy, ami d’Ambroise Paré –qui s’inspirera directement de son œuvre–, cette Méthode curatoire est bien davantage qu’un simple traité de médecine consacré à la syphilis. Formé à la Faculté de Paris auprès de Jacques Houllier et Antoine Saillard, l’auteur était chirurgien à la suite du roi François 1er durant les guerres d’Italie. On peut logiquement considérer qu’il y réalisa des études de cas sur les soldats atteints de vérole. C’est après la bataille de Pavie (1525) qu’il se rendit à Rome, à l’Hôpital des Incurables, pour guérir des maladies vénériennes grâce au traitement mercuriel, popularisé par un chirurgien de Bologne, Béranger de Carpi (1460-1530). Héry rapporta en France cette méthode déjà pratiquée mais seulement à dose homéopathique.

Dans le présent traité, Héry établit et analyse les trois méthodes de guérison des affections syphilitiques : les décoctions de bois de gaïac ; les fumigations mercurielles; et les onguents et emplâtres, affirmant l’innocuité de cette dernière. Les deux amis, Héry et Paré restaient en effet réservés quant à l’efficacité du bois de gaïac et recommandaient bien plus sûrement l’emploi du mercure, appliqué soit par frictions soit forme d’emplâtres.

Mais dès cette époque, l’importance des effets secondaires –comme la vertu ptyalalogue– et les incertitudes concernant l’efficacité du traitement au mercure, suscitèrent une vive opposition. Le mérite d’Héry demeure la diffusion sous forme imprimée des découvertes et opinions relatives à ces méthodes de traitement.

Outre ces traitements généraux, il convenait aussi de soigner les lieux affectés, de traiter les ulcères de la verge, les gonorrhées et autres chaudes-pisses, ainsi que les carnosités ou caroncules qui obstruaient l’urètre de ces hommes malchanceux et auxquelles des fumigations pouvaient remédier. Vaste programme…

À cette époque, les malades n’avaient que trois solutions : mourir lentement sans traiter la maladie, mourir en suivant l’avis des médecins ou s’en remettre aux charlatans, ce qui ne les empêchait pas de payer leur tribut à la nature.

Bien après le traité précurseur de Héry seront publiés les traités de Jean Gaultier (1616), Jean Fernel (1633), Pierre-Martin de La Martinière (1664), de Louis Le Monnier (1689) et de Gervais Ucay (1699).

Un magnifique titre-frontispice dans un encadrement gravé sur bois portant en haut les emblèmes de Diane de Poitiers et, en bas, le monogramme entrelacé du roi Henri II et de sa favorite.

Joli exemplaire, très pur, conservé dans une émouvante reliure patinée en vélin de l’époque. Il est truffé de plusieurs notes manuscrites de l’époque dans les marges.

Cette édition d’une insigne rareté manque aux collections de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Provenance : Lavergne, avec ex-libris manuscrit verso du premier feuillet blanc. Quelques mouillures claires.)

Garrison, 2227 ; Proksch, I, 367 ; Brunet, III, 138-139 ; Graesse, III, p. 262 ; [Librairie Pierre Bérès], Livres et mansucrits (XIIIe-XVIe siècles), Paris, s.d., cat. n° 57, n° 196 ;  J. Astruc, Traité des maladies vénériennes, Paris, 1755 ; J. Giraudeau de Saint-Gervais, Traité des maladies syphilitiques, Paris, 1838, p. 413 et suiv. ; [J. Téchener, éd.], Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Paris, 1860, Janvier, 14e série, p. 1480,  n° 617 ; É. Lancereaux, Traité historique et pratique de la syphilis, Paris, 1866, p. 22 ; P. Lacroix, Recherches historiques sur les maladies de Vénus, Bruxelles, 1883 ; E. Wickersheimer, La Médecine et les médecins en France à l’époque de la Renaissance, Paris, 1905, p. 550 ; E. Jeanselme, Traité de la syphilis, Paris, 1931 ;  [Centre archéologique du Var. Colloque international], L’origine de la syphilis en Europe avant ou après 1493 ? Toulon, 1994 ; G. Tilles et D. Wallach, « Histoire du traitement de la syphilis par le mercure : 5 siècles d’incertitudes et de toxicité », in Revue d’histoire de la pharmacie, 1996, vol. 84, n° 312, p. 347-351 ; J. Henderson (et al.), The Great Pox : the French disease in Renaissance Europe, New Haven, 1997 ; R. Teyssou, La Médecine à la Renaissance, Paris, 2002, p. 292 ; R. Teyssou, Dictionnaire des médecins chirurgiens, Paris, 2009, p. 95.

 

Additional information

Période

16ᵉ siècle

Thèmes

Humanisme, Renaissance

Caractéristiques

Éditions originales, Livres rares et précieux

Langues

Français