HOYLE, Edmond. Traité du jeu de Whist.

2.200 

Traduit de l’anglois… Turin, Reycends et Guibert, 1765. In-8° (172 x 110 mm) de 112 p., maroquin rouge, double filet doré autour des plats avec large dentelle dorée, armes peintes au centre, dos lisse orné d’un fleuron répété, pièce de titre maroquin fauve, filet doré sur les coupes, tranches dorées, emboîtage (reliure de l’époque).

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Description

Très rare édition en langue française publiée en Italie, plusieurs années avant la première édition en italien (1768).

Auteur de traités sur les jeux de cartes et spécialement sur le whist, l’écrivain britannique Edmond Hoyle (1672-1769) demeure l’objet d’une si grande considération de la part de ses compatriotes – comme des amateurs du monde entier – qu’il est surnommé « The Father of Whist ».

Bien que le poker ait été inventé plus de cinquante ans après sa disparition, son nom figure parmi les premiers inscrits sur le Poker Hall of Fame, au casino Binion’s Horseshoe à Las Vegas.

A Short treatise on the game of whist est imprimé pour la première fois à Londres en 1742. Ce célèbre traité témoigne du succès du whist dans la bonne société italienne du xviiie siècle.

L’ouvrage, qui circula d’abord sous forme de copies manuscrites – comme c’était l’usage à l’époque –, obtint une remarquable réputation auprès de ses premiers lecteurs. En tête
du chapitre XIV qui vise à expliquer le jeu des séquences, l’auteur fait clairement allusion à cette genèse : « Quelques acquéreurs de ce traité manuscrit, vendu l’hiver dernier, ayant désiré une plus ample explication sur le jeu des séquences, elles sont exposées de la manière suivante » (p. 75).

Après une courte introduction, le Traité du jeu de whist de Hoyle contient les définitions d’une quinzaine de termes propres au jeu ; quelques calculs de probabilité ; puis une précieuse méthode de « Calculs pour parier vôtre argent au Whist ». Enfin vient l’explication des règles élémentaires du jeu. C’est dire si les enjeux financiers étaient propres à stimuler les amateurs
de la bonne société de l’époque !

Avant d’en résumer les règles principales, l’ouvrage développe les questions stratégiques du whist, et il se clôt sur un dernier chapitre destiné à « aider la mémoire de ceux qui jouent au Whist ».

À l’image du jeu lui-même, ancêtre du bridge qui enflamma les amateurs et se répandit rapidement dans toutes les cours et les salons, le succès de cet ouvrage traversa l’Europe, et les traductions succédèrent aux contrefaçons tout au long du XVIIIe siècle.

Le Piémont n’a pas échappé à la mode et à la passion de ce jeu. Les frères Reycends et Guibert, libraires solidement établis à Turin, dont l’association demeurera active de 1756
à 1781, et dont une des spécialités consistait à éditer et diffuser des ouvrages en langue française, se soucièrent rapidement d’offrir à leur clientèle une traduction de ce manuel réputé dont la première édition en langue française avait paru dès 1761 chez un éditeur suisse.

Cette édition de 1765 a été réalisée par François Antoine Mairesse, imprimeur établi à Turin. En vérité, Francesco Antonio Mairesse – qui a francisé ses prénoms sur cette édition – a imprimé à plusieurs reprises des ouvrages en français pour le compte des frères Reycends et Guibert.

Il ne faut pas oublier qu’à cette époque la langue française était habituellement employée dans la bonne société italienne, en particulier à Turin, capitale du royaume de Piémont-Sardaigne, alors sous le règne de Charles-Emmanuel III (1701-1773), duc de Savoie et prince de Piémont.

S’il faut souligner la pérennité du jeu de whist dans l’Italie du Nord bien après le xviiie siècle, et surtout la persistance de l’image qui lui reste attachée à l’Époque moderne, une anecdote nous éclaire : après un début de carrière militaire, le comte Camillo de Cavour, cadet de la famille piémontaise bien connue, voyagea pour affaires à travers l’Europe. En 1841, il prit l’initiative de fonder à Turin la « Società del whist », dans le style des clubs de Londres et de Paris, bien différents de ceux que l’on trouvait en ce temps-là en Italie.

Une belle vignette de titre ; initiales ; bandeaux et culs-de-lampe, le tout gravé sur bois.

Exemplaire de choix, conservé dans sa reliure en maroquin rouge de l’époque décorée d’armes peintes.

Non identifiées et dégradées, elles se composent de deux écus ovales écartelés : à senestre, aux 1 et 4, de gueules aux deux lions passant d’or, aux 2 et 3, d’or à une tour de gueules ; à dextre, aux 2 et 3, d’or à une aigle couronnée de sable.

The very rare French edition of the first analytic treatise on a game of cards (printed in Italy several years before the first edition in Italian) in a contemporary armorial morocco binding.

D. Levy, « Pirates, Autographs, and a Bankruptcy : A Short Treatise on the Game of Whist by Edmond Hoyle, Gentleman », in Script & Print, 34, n° 3, Melbourne, 2010, p. 133-161 ; M. Zollinger, « Whist-Regeln in Kontinentaleuropa bis 1800 », in The Playing-Card, vol. 33, n° 3, Londres, 2005, p. 198-210 ; T. Depaulis, Les loix du jeu : bibliographie de la littérature technique des jeux de cartes en français avant 1800, Paris, 1994, p. 30, n° 99 ; A. Lensi, Bibliografia italiana di giuochi di carte, Ravenne, 1985, n° 77 ;
[…], Statuto e regolamento della Società del whist di Torino, Turin, 1883.

 

Additional information

Période

18ᵉ siècle

Thèmes

Sciences

Caractéristiques

Belles reliures, Livres rares et précieux

Langues

Français